Patois, la langue de chez nous

Patois, la langue de chez nous

Dernière mise à jour le par Adriana Tenda Claude

Article rédigé par Janine Barmaz pour "Les 4 Saisons d'Anniviers"

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Le patois est la langue indigène, parlée dans le Val d’Anniviers, comme dans tout le Valais romand, pendant plusieurs siècles avant que le français ne le remplace.

Il appartient à la famille des dialectes franco-provençaux, qui étaient parlés dans un territoire comprenant la Suisse romande (à l’exception du Jura et du district de Moutier), une partie du nord de l’Italie (le val d’Aoste, les vallées du nord du Piémont) et la majeure partie de la région Rhône-Alpes en France.

Sa prononciation pouvait différer d’un village à l’autre.

La mort d’une langue

Pendant longtemps cette langue a existé parallèlement au français : les Anniviards étaient alors bilingues. Petit à petit, elle a été supplantée par celui-ci. Trois raisons principales expliquent ce fait :

  • l’interdiction de parler le patois à l’école, censée améliorer l’apprentissage du français
  • l’augmentation des relations avec l’extérieur, favorisées par l’ouverture sur la plaine du Rhône, grâce à Sierre
  • la disparition progressive de la civilisation locale traditionnelle, qui fait que l’on n’utilise plus certains mots, et l’acquisition de nouvelles réalités pour lesquelles il n’existe pas de mot en patois.

Dès les années 1920-30 le français est devenu la principale langue parlée dans la vallée. Actuellement le patois est encore parlé par des personnes âgées de plus de 80 ans et par de rares locuteurs plus jeunes, qui ont baigné dans un environnement propice à une transmission partielle de la langue.

La mort du patois s’est passée de la même manière dans la plupart des régions valaisannes. Et cela avait commencé plus tôt déjà dans plusieurs cantons romands. Il n’y a que quelques communes où le patois s’est maintenu plus longtemps. Aujourd’hui, malgré un regain d’intérêt porté à ce qui est une langue à part entière, le patois est, là aussi, en fin de vie. Des tentatives pour le faire apprendre aux jeunes générations sont entreprises, leur réussite malheureusement est loin d’être assurée, à une période où il faut être « rentable », l’anglais semble plus intéressant.

Les empreintes du patois

Cependant, le patois a laissé de nombreuses traces dans le français parlé dans la vallée et à Sierre, surtout dans le vocabulaire spécifique à certaines activités traditionnelles : viticulture, agriculture, artisanat. Les gens qui utilisent ces termes sont bien souvent ignorants de leur origine patoise.

Les vestiges du patois se rencontrent aussi, et surtout, dans les noms de familles (Barmaz, Caloz, Crettaz, Epiney, Vouardoux,…) et les noms de lieux (Ayer, le Biolèc, Effinèc, la Lé, Zau Zoura, Zinal,...).

Ainsi, si on peut dire que cette langue indigène est morte, elle a cependant empreint l’ensemble du Val d’Anniviers et ses marques sont appelées à subsister longtemps encore. Elles témoignent de la civilisation de nos ancêtres et sont dignes de notre respect.

Janine Barmaz

 

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