Pierres à cupules

Pierres à cupules

Dernière mise à jour le par Marie-Claude Stoeri

      

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Pierre à cupules de Grimentz                   Pierre des sauvages à St-Luc

 

Vestiges d’une civilisation européenne

Les communautés préhistoriques de culture mégalithique ont pour tradition l’édification de divers monuments en pierre, Menhirs, dolmens, sépultures collectives, on en trouve à travers toute l’Europe, de l’Espagne jusqu’à la mer Noire.

En Suisse occidentale, on trouve des traces impressionnantes de ces pratiques, entre autre dans la Vallée du Rhône à Sion et en amont. Autour de ces sites préhistoriques, on observe des pierres et des roches gravées datées de l’époque néolithique, par exemple à St-Léonard près de Sion.

L’un des motifs gravés les plus connus est une simple figure humaine schématique en attitude de prière, un orant. Le signe le plus fréquent est une cavité hémisphérique de deux à vingt centimètres de diamètre, appelé cupule. Ces pierres, blocs erratiques et rochers qui supportent cette variété de gravures sont appelés pierres à écuelles ou pierres à cupules.

En Valais, la culture néolithique est vraisemblablement arrivée depuis le sud, à travers les cols alpins. Une des voies alpines traditionnelle est celle qui atteint le Valais depuis la vallée d’Aoste, par le col Théodule et le col d’Hérens; une autre route passe par le col Collon. Les deux voies qui conduisent au Valais central se rejoignent au sud d’Evolène; depuis là, le col de Torrent permettait aussi de rejoindre Grimentz et le val d’Anniviers. Le long de ces chemins, on a trouvé plusieurs pierres à cupules isolées ou regroupées.

La plus grande pierre à cupules de Suisse est la célèbre Pirra Servagios (pierre des Sauvages, 350 cupules); elle se trouve au-dessus de St-Luc dans le Val d’Anniviers.

Trois des groupes de pierres à cupules les plus impressionnants sont localisés au Hubelwäng au-dessus de Zermatt, sur l’alpage de Cotter au-dessus d’Evolène et près du village de Grimentz. En Suisse, on compte plus de mille pierres à cupules.

Un faible nombre d’entre elles peuvent être attribuées avec certitude à l’époque néolithique; d’autres sont assurément d’époque antique, les cupules ayant été réalisées au cours des derniers millénaires avant notre ère; la grande majorité cependant ne peuvent malheureusement pas être datées.

D’autre part on ne sait presque rien de la signification des cupules, mais il semble plausible de les mettre en relation avec des pratiques culturelles.

Les païens et la pierre

Au temps des païens, les gens se réunissaient près des pierres et faisaient des sacrifices pour implorer la clémence des dieux.

Si la cause n’était pas grave, on immolait un agneau, si la cause était plus importante on sacrifiait une personne humaine.

On plaçait la victime les pieds dans les encoches et on lui tranchait la tête. Le sang alors recueilli s’écoulait de cupule en cupule, pendant que les prières de la population redoublaient d’intensité.

Une année, suite à de graves catastrophes, on voulut sacrifier la plus belle fille de la vallée. Or cette jeune femme chantait merveilleusement et ravissait les gnomes de la montagne. Ceux-ci firent dégringoler de la montagne d’énormes rochers. Le plus gros –- la Pirra Martera de Grimentz – s’arrêta par magie juste devant les suppliants qui furent saisis de stupeur. Les païens comprirent qu’il ne fallait pas tuer la belle, le chef la donna même en mariage à son fils.

On dit aussi que par la suite le rite voulait que tous les hommes atteignant l’âge de 20 ans devaient escalader la fameuse pierre. S’ils en étaient incapables, on leur coupait la tête.

Texte : Urs Schwegler / Brochure Les pierres à cupules de Grimentz

 

 

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